Métamorphoses

Comme dans le conte de Lewis Caroll, Cédric Martigny nous conduit dans un univers qui regorge d’allusions, de références où se côtoient l’humour, le burlesque, la complexité des relations…mais également la croissance psycho-physiologique de l’enfant. Son œuvre, à travers l’exploration de la question du miroir, n’a d’autres significations que d’exprimer des intentions, des déterminations subjectives qui constituent le fond de sa visions heureuse, complexe ou désenchantée du monde. Car mettre en scène induit autre chose que la représentation d’un objet qui se révèlerait comme une donnée préalable et visible. C’est au contraire procéder à l’expérience d’une réalité invisible qui est celle du photographe lui-même. Créer dès lors, n’est pas se laisser guider par quelques modèles extérieurs dont l’imitation resterait privée de sens – car elle se contenterait de refléter un monde déjà existant sans lui donner une dimension imaginative, symbolique…- c’est choisir, opérer et rendre compte d’une résonance intérieure.
Isabelle TESSIER, directrice de l’artothèque de Vitré.