Route nationale 7

En 1931 paraît La Route Paris Méditerranée, dans lequel Paul Morand s’exclame : «désormais, ce sont les gares et les ports, non les femmes, qui nous remplissent les yeux de larmes». Cinquante-sept ans plus tard, Christian Louis, dans son livre Nationale 7, se souvient l’époque où cette même route était «la voie des congés payés». En 2006, dans le cadre de la politique de décentralisation, la route nationale 7 devient départementale. Désormais à charge des départements, elle quitte la catégorie de voierie d’intérêt national. Déclassée, la route devenue ruine nous est alors apparue non comme un patrimoine à préserver mais à célébrer. Ce projet devenait le récit d’une lente désintégration : de Notre-Dame à la mer Méditerranée se défait le grand mythe du progrès social ; une France pittoresque se transforme en paysage atomisé, séparé.